Le Printemps arabe distingué par le Prix Sakharov 2011
Le Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit 2011 du Parlement européen a été attribué à un groupe de cinq militants du printemps arabe en reconnaissance et soutien de leur combat en faveur de la liberté et des droits de l'homme. Il a été remis aux lauréats par le Président Jerzy Buzek lors d'une session solennelle du Parlement à Strasbourg, le 14 décembre 2011.
Chaque année depuis 1988, le Prix Sakharov est décerné à une personne ou une organisation qui, à l'instar d'Andreï Sakharov, se bat pour la défense des droits de l'homme et de la liberté de pensée. Parmi les anciens lauréats, on peut citer le Cubain Guillermo Fariñas (2010), le Chinois Hu Jia (2008), l'ONU et son secrétaire général Kofi Annan (2003), la Birmane Aung Sang Suu Kyi (1990) ou encore Nelson Mandela (1988).
Le prix est attribué cette année à Asmaa Mahfouz (Égypte), Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi (Libye), Razan Zeitouneh et Ali Farzat (Syrie) et, à titre posthume, à Mohamed Bouazizi (Tunisie).
Les noms des lauréats ont été rendus publics le 27 octobre. La cérémonie officielle de remise du Prix se déroule à Strasbourg, lors de la session plénière de décembre, afin de rappeler la Déclaration universelle des droits de l'homme qui a été signée aux Nations unies le 10 décembre 1948.
Présentation des lauréats :
Asmaa Mahfouz
Mme Mahfouz a rejoint le Mouvement égyptien des jeunes du 6 avril en 2008, en aidant à organiser des grèves pour les droits fondamentaux. Le harcèlement soutenu des journalistes et des militants par le régime de Moubarak ainsi que l'exemple tunisien ont conduit Mme Mahfouz à organiser ses propres manifestations. Ses vidéos sur Youtube et ses messages sur Facebook et Twitter ont contribué à motiver les Egyptiens à revendiquer leurs droits sur la place Tahrir. Après avoir été détenue par le Conseil suprême des forces armées, elle a été libérée sous caution en raison de la pression de militants de premier plan.
Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi
M. Ahmed al-Sanusi, également connu pour être le plus ancien « prisonnier d'opinion », a passé 31 ans dans les prisons libyennes à la suite d'une tentative de coup d'État contre le Colonel Kadhafi. Membre du Conseil national de transition, il œuvre désormais à « parvenir à la liberté et retrouver l'humanité » et à mettre en place les valeurs démocratiques de l'après-Kadhafi en Libye.
Razan Zaitouneh
Mme Zaitouneh, avocate des droits humains, a créé le blog syrien sur les droits de l'homme « Human Rights information link » (SHRIL) qui rend compte des atrocités perpétrées en Syrie. Elle a révélé au grand jour les meurtres et atteintes aux droits de l'homme commis par l'armée et la police syriennes. Ses messages sont devenus une source importante d'information pour les médias internationaux. Elle est à présent recherchée par les autorités qui l'accusent d'être un agent à la solde de l'étranger et ont arrêté son mari et son frère cadet.
Ali Farzat
M. Farzat, satiriste politique en Syrie, est bien connu du régime syrien et de son dirigeant, le Président Bachar al-Assad. M. Farzat est devenu plus direct dans ses caricatures quand les soulèvements de mars 2011 ont commencé. Elles ont contribué à inspirer la révolte en Syrie. En août 2011, il a été gravement battu par les forces de sécurité syrienne qui lui ont cassé les mains en guise d' « avertissement », et confisqué ses dessins.
Mohamed Bouazizi
M. Bouazizi, un vendeur ambulant tunisien s'est immolé par le feu en signe de protestation contre l'humiliation et le harcèlement incessants des autorités tunisiennes. La sympathie du public et la colère inspirée par ce geste ont conduit à évincer le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir. L'auto-immolation de M. Bouazizi a également suscité des soulèvements et des appels au changement dans d'autres pays arabes comme l'Égypte et la Libye, collectivement connus sous le nom de « printemps arabe ».


















