Roselyne et Roger Dumay (Montpellier - Slovaquie)
Durant leurs 70 années d'existence aventureuse, Roselyne et Roger Dumay ont été de grands voyageurs. Cette
professeur de français et ce chef d'établissement, aujourd'hui à la retraite, ont vécu et travaillé pendant dixhuit ans en Côte d'Ivoire, avant de revenir en France au moment des études de leurs quatre enfants. Refusant l'inactivité au terme de leur carrière professionnelle, ils se sont engagés dans le GREF, une association de bénévoles désireux d'enseigner la langue française à l'étranger.
Installés à Montpellier depuis dix ans, les Dumay ont ainsi à leur actif plusieurs missions de trois mois en Slovaquie, dans les locaux de l'Alliance Française de Lucenec, une ville de 30.000 habitants proche de la frontière hongroise.
« Nous étions fascinés par les pays d'Europe centrale et de l'Est que nous avions visités en vacances juste après la chute du mur de Berlin », se souvient Roselyne. « C'était avant tout par attrait pour leur culture extrêmement riche ». « À Lucenec, où nous nous sommes rendus pour la première fois en 1995, nous avions trois axes de travail prioritaires : la promotion de la langue française, l'explication des démarches démocratique et citoyenne et la découverte des nouvelles technologies », reprend Roger. « Lycéens et professeurs de français composaient l'essentiel de notre public, bientôt rejoints par des adultes souhaitant se perfectionner dans notre langue lors des cours de conversation ».
En se rendant trois fois en Slovaquie, Roselyne et Roger Dumay ont pu constater les évolutions de ce pays majoritairement rural qui s'apprête à rejoindre l'UE. « La culture slovaque est profondément européenne », analysent-ils. « La musique et la littérature y sont primordiales. Même si l'on ressent une profonde influence slave dans le pays, chaque fois que nous y sommes allés, nous avons eu le sentiment d'appartenir au même monde. Nous n'avions pas l'impression d'être étrangers ».
Les Dumay ont d'ailleurs noué de solides amitiés en Slovaquie, un pays qu'ils ont sillonné de fond en comble. « Depuis notre première mission, nous avons toujours gardéle contact avec nos relations là-bas », témoigne Roger. « Mais au fil des ans, les courriels ont remplacé les cartes postales ».
Lors de tous les échanges depuis 1995, l'entrée dans l'Union européenne en 2004 a toujours été l'un des principaux thèmes de discussion entre les professeurs français et les élèves slovaques. « Ce sont les jeunes qui sont les plus enthousiastes », apprécient Roselyne et Roger. « L'adhésion va leur ouvrir de nouveaux horizons en Occident, des équivalences de diplômes...
Même si leur niveau de vie n'est pas encore comparable au nôtre, il ne faut pas avoir peur de ces gens. Au contraire, il est normal et naturel d'essayer de les aider. L'entrée de la Slovaquie dans l'UE peut être une chance, notamment au plan culturel. Le pays compte beaucoup de talents, pour l'heure encore méconnus ».


















