Michel Jacovides (Aix-en-Provence - Chypre)
L'arrière-grand-père, Panayotis, s'est établi à Marseille à la fin du 19ème siècle, après avoir été représentant en Grèce et à Chypre des tuileries de l'Estaque et des pianos Boisselot.
Le grand-père, Michel, remporte la médaille de bronze en natation lors des cérémonies des 2500 ans de Marseille, en 1900. Le père, Panayotis, devient la mascotte de l'équipe de France de billard, et la photo de classe du lycée Thiers, en compagnie de Georges Pompidou, alors professeur de latingrec
dans l'établissement marseillais, est devenue une icône dans sa famille. Surpris pendant les vacances estivales par la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, la famille Jacovides va définitivement s'installer à Chypre.

L'arrière-grand-père, Panayotis, s'est établi à Marseille à la fin du 19ème siècle, après avoir été représentant en Grèce et à Chypre des tuileries de l'Estaque et des pianos Boisselot.
Le grand-père, Michel, remporte la médaille de bronze en natation lors des cérémonies des 2500 ans de Marseille, en 1900. Le père, Panayotis, devient la mascotte de l'équipe de France de billard, et la photo de classe du lycée Thiers, en compagnie de Georges Pompidou, alors professeur de latingrec dans l'établissement marseillais, est devenue une icône dans sa famille.
Surpris pendant les vacances estivales par la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, la famille Jacovides va définitivement s'installer à Chypre. Aujourd'hui, Michel Jacovides vit toujours à Limassol, le plus grand port de Chypre. Mais c'est une longue histoire qui le lie au Sud de la France, une histoire familiale dont il a continué la rédaction. Formé sur les campus de Luminy et d'Aix-en- Provence, cet architecte urbaniste de 47 ans a ouvert une agence de sa société Medenco à Saint-Maximin.
« Mon propre fils viendra faire ses études à Aix-en- Provence à l'issue de son service militaire de deux ans », peaufine encore Michel Jacovides. Lui-même a connu comme soldat l'intervention de l'armée turque dans la partie Nord de son île en 1974, « une expérience que je ne souhaite à personne ». Aujourd'hui, le pays est coupé en deux par la ligne verte, et la capitale, Nicosie, est la dernière ville européenne à être partagée par un mur.
Comme l'ensemble de ses compatriotes de cette île de la Méditerranée orientale, c'est donc avant tout des avancées sur la « question chypriote », c'est à dire une solution à la partition de facto de l'île, que Michel Jacovides attend de l'adhésion à l'Union européenne. « Notre pays n'attend pas des aides financières, bien au contraire », explique l'urbaniste, cette petite île de 800.000 habitants bénéficiant en effet d'un substantiel niveau de vie.
« Nous demandons simplement à pouvoir exercer notre liberté de circulation dans notre propre pays. Pour nous, l'Europe est avant tout la garantie d'une stabilité politique. En sens inverse, au vu de notre situation géographique, Chypre pourrait devenir la tête de pont des intérêts de l'Union au Moyen-Orient. Beaucoup d'entreprises l'ont déjà compris ».
De langue et de culture grecque, l'île d'Aphrodite se ressent comme profondément européenne, même si elle n'apparaît pas sur la carte qui orne les billets en euros. En juin 2004, les Chypriotes voteront pour la première fois afin d'envoyer six députés au Parlement européen. « C'est un vote qui nous met symboliquement devant nos droits et nos obligations d'Européens », se félicite Michel Jacovides.
« Ce sera le début d'une nouvelle ère pour nous. Nous espérons pouvoir organiser la participation au scrutin des Chypriotes turcs afin que toute l'île soit représentée. En attendant la réunification ».














