Une garantie pour la qualité des terroirs
Saviez-vous que l'union européenne développe une véritable politique de qualité des produits du terroir ? Par la création de labels mentionnant l'origine et le savoir faire traditionnel et en co-finançant des démarches qualité. Exemple du fameux fromage de banon, aujourd'hui protégé dans toute l'Europe. publié dans La Provence du 16 avril.
L'Union européenne a crée en 1992 trois signes pour informer les consommateurs de la qualité de certains produits originaires d'une région ou bien produits selon un mode traditionnel mais aussi pour protéger les noms des produits (par exemple le riz de Camargue) contre les imitations:
• L'Appellation d'Origine Protégée (AOP) est le label le plus complet car il lie le produit à un lieu géographique et un savoir faire reconnu : par exemple dans notre région, les olives cassées et les olives noires des Baux de Provence ou bien l'olive de Nice et le taureau de Camargue bénéficient d'une AOP.
• L'Indication Géographique Protégée (IGP) ne concerne que le lieu : en 2007, le dernier arrivé a été l'agneau de Sisteron, mais il existe également le miel de Provence.
• Enfin, la Spécialité traditionnelle garantie fait référence à un mode de production traditionnel.
En France, les consommateurs connaissent encore peu ces logos. En effet certains produits pouvaient bénéficier de cette appellation mais ne pas l'apposer sur le produit et privilégier les sigles français de l'AOC. A partir du 1er mai 2009, tant les producteurs que les commerçants seront tenus d'utiliser ces symboles communautaires ou l'indication équivalente sur les produits enregistrés. Par ailleurs, les fonds européens peuvent soutenir financièrement des démarches de qualité lancées par les groupements de producteur, de façon à faire enregistrer au niveau européen leur savoir-faire et le lien qui existe avec leur territoire. C'est le cas du fromage de banon, qui a obtenu des fonds européens pour faire reconnaitre le banon en AOC, puis en Appellation d'origine protégée, européenne cette fois-ci.
Le témoignage de Michel Afonso, producteur de Banon à Fontiène
"Respecter une tradition"
Sa formation initiale d'électronicien ne le destinait pas au métier qu'il exerce aujourd'hui. "J'étais en recherche d'un choix de vie", dit tout simplement Michel Afonso, au milieu de ses soixante chèvres, dans le village de Fontiène (Alpes de Haute-Provence).
Producteur artisanal de fromage de Banon, le berger ne céderait ce produit pour rien au monde. "C'est un fromage particulier entièrement accroché à son terroir, à son environnement, affirme cet homme à l'accent légèrement chantant, originaire du Var. On a hérité d'un passé, d'une tradition dont on peut être fier". Produit difficile à affiner, le fromage de Banon exige un savoir-faire méticuleux. Respecté à la lettre.
Pour protéger des méthodes ancestrales et prolonger une tradition, le syndicat interprofessionnel de défense et de promotion de ce fromage s'est lancé dans une démarche de certification en AOC. Il lui a fallu délimiter une zone géographique, cerner les contours des modes de production, suivre à la trace les races de chèvres. Un travail mené à terme grâce au soutien du Fonds européen d'orientation et de garanties Agricoles (Feoga). "Son aide a été importante dans la mise en place du produit", expique Michel Afonso. La structure a financé 30% du montant des études nécessaires au développement de l'entreprise.
En janvier 2003, le Banon a été reconnu par le Comité des produits laitiers de l'Institut national des appellations d'origine (Inao) en AOC.Quatre ans plus tard, c'est la précieuse Appellation d'origine protégée qui lui a été accordée. "Cela nous permet de nous positionner par rapport à une certaine concurrence." Pour préserver une tradition. Et apprécier pleinement un choix de vie qu'il n'a pas envie de changer.



















