Sixième session plénière de l'APEM en Jordanie (12 au 14 mars 2010)
L'impasse des pourparlers de paix au Moyen-Orient a dominé la sixième session plénière de l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne (APEM), en Jordanie (12-14 mars). La politique israélienne d'implantation des colonies de peuplement et les projets de nouvelles constructions à Jérusalem-Est ont été condamnés car ils compromettent la solution basée sur la coexistence de deux États. L'APEM a également adopté son premier budget opérationnel et créé un secrétariat permanent.
La valeur ajoutée de l'Union pour la Méditerranée
L'UPM a donné un nouvel élan, ainsi qu'une visibilité politique et une efficacité économique accrues au Processus de Barcelone grâce à son approche "par projet", indique une recommandation de l'Assemblée sur la valeur ajoutée par l'UPM pour le développement de la région Méditerranée (rapporteurs Raimon Obiols (S&D, ES) et Ivo Vajg pour le PE). L'UPM est également "un atout pour parvenir aux réformes institutionnelles souhaitées dans les pays méditerranéens" et elle a son rôle à jouer dans des questions telles que l'eau, l'énergie et l'immigration.
Selon Raimon Obiols "changer le nom de l'APEM en AP-UPM devrait être la première étape pour renforcer la dimension parlementaire de l'Union pour la Méditerranée". S'exprimant au nom de la présidence espagnole de l'UE, l'ambassadeur Jose Riera Siquier a rassuré l'Assemblée sur le fait que "les recommandations de l'APEM seront prises en compte dans la perspective du sommet de l'UPM qui aura lieu à Barcelone, en juin 2010".
"L'APEM constitue un pont politique à travers la Méditerranée, une forme unique de coopération. Elle doit doper, plus que jamais, le processus de paix en même temps que les économies régionales", a déclaré le Président du Parlement européen, Jerzy Buzek, à la tête de la délégation du PE, après avoir rencontré récemment à Bruxelles, le Ministre israélien des Affaires étrangères ainsi que le Président de l'Autorité palestinienne.
Pas de consensus sur la Banque méditerranéenne
L'Assemblée n'est pas parvenue un consensus sur la proposition tunisienne visant à faire de la Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat (FEMIP) une branche méditerranéenne de la Banque européenne d'investissement (BEI). Certaines délégations des parlements nationaux de l'UE (y compris la Suède, la Finlande et l'Allemagne) se sont opposées à la création d'une telle banque, estimant que les facilités actuelles sont meilleures et que les prêts seraient plus coûteux si la banque en question devait être mise en place.
L'Assemblée a cependant souhaité que "le mécanisme le plus efficace en vue d'appuyer les projets de l'UPM" soit étudié, une option étant celle d'une "banque euro-méditerranéenne".
Charles Henri, de la mission de l'UPM, a présenté à l'Assemblée le mandat du groupe de travail établi par le Président français Nicolas Sarkozy, sur la faisabilité d'un instrument financier pour l'Union, qui ne devrait interférer ni avec les institutions, ni avec les mécanismes existants (Banque africaine de développement, instruments de voisinage et de préadhésion, FED pour la Mauritanie, etc.). Le groupe des 10 pays fondateurs de l'UPM publiera ses recommandations le 27 mai, quelques jours avant le sommet de Barcelone de juin 2010.
L'Assemblée a également adopté des recommandations sur la liberté d'expression et le respect des convictions religieuses (rapporteur : Hélène Flautre) et sur la protection et la durabilité de l'espace maritime commun, y compris la Mer Morte (rapporteur : Ioannis Kasoulides/ PPE, CY).
La Croatie et le Monténégro rejoignent l'Assemblée
L'APEM a décidé d'accueillir, en tant que nouveaux membres de l'Assemblée, la Croatie et le Monténégro, qui font également partie de l'Union pour la Méditerranée.
L'APEM réunit 280 parlementaires, dont 130 représentent les membres de l'UE (81 membres des 27 parlements nationaux de l'Union européenne et 49 eurodéputés), 10 membres pour les parlements des pays partenaires euro-méditerranéens (soit 2 membres pour chacune des délégations d'Albanie, de Bosnie-et-Herzégovine, de Croatie, de Monaco et du Monténégro) et 130 membres issus des parlements des 10 pays méditerranéens fondateurs, sur la base d'une représentation égale, ainsi que 10 membres du parlement mauritanien.
Présidence italienne de l'APEM jusqu'en mars 2011
Gianfranco Fini, porte-parole de la chambre des députés, a exposé les priorités de l'Italie: promouvoir la démocratie et les droits de l'homme ("la démocratie ne vaut pas uniquement pour les élections, elle se vit au quotidien", a-t-il déclaré), relever le défi environnemental de la Méditerranée" et les flux migratoires" et également "la manière d'intégrer ces populations dans les pays d'accueil". Le parlement italien assurera la présidence tournante de l'APEM jusqu'en mars 2011, succédant à la Chambre des représentants de Jordanie.
L'APEM a mûri, affirme Gianni Pittella
L'Assemblée a marqué son accord sur une proposition visant à établir son propre budget opérationnel ainsi qu'un secrétariat permanent. Commentant sa proposition budgétaire, Gianni Pittella (S&D, IT) a affirmé que "l'APEM a mûri et qu'elle est devenue un acteur à part entière dans la région de la Méditerranée. Les parlementaires de chaque côté de la Méditerranée seront en mesure de jouer pleinement leur rôle dans la résolution de questions d'intérêt commun telles que la paix, l'énergie et les migrations".
Jerzy Buzek a félicité Gianni Pittella pour sa présidence à la tête du groupe de travail qui a communiqué à la session plénière cette "proposition d'envergure pour l'Assemblée". "L'Assemblée dispose désormais des moyens nécessaires pour continuer sa mission et jouer pleinement son rôle en tant qu'institution parlementaire de l'UPM" a déclaré Jerzy Buzek.

















